Oxfam America

Oxfam défend les droits des gens touchés par les industries extractives

17 04 2008

Les communautés pauvres n’ont, trop souvent, aucune voix en ce qui concerne l’extraction de ressources de leurs terres et ne reçoivent que peu d’informations sur ces projets. Oxfam America entreprend une nouvelle campagne appellant les sociétés pétrolières, gazières et minières à respecter le droit des communautés de participer de façon significative aux décisions, et à révéler les sommes payées aux gouvernements étrangers. Ces renseignements sont critiques pour assurer que les gouvernements utilisent ces fonds pour réduire la pauvreté et pour protégér les droits humains.


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Aliou Bassoum, Communications Associate - Afrique de l'ouest
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abassoum@oxfamamerica.org


Oxfam America a annoncé le 15 avril une nouvelle initiative pour promouvoir les droits des communautés touchées par les industries pétrolières, gazières et minières. A une époque où les prix du pétrole, du gaz et d’autres denrées montent à un niveau historique, l’investissement dans des projets extractifs va en croissant. Plus de 60 pourcent des gens les plus pauvres du monde vivent dans des pays riches en ressources naturelles. Un grand nombre des communautés pauvres n’ont aucune voix en ce qui concerne l’extraction de ressources de leurs terres et ne reçoivent que peu de renseignements sur ces projets.

« Trop souvent les projets concernant le pétrole, le gaz et les mines ne profitent pas au peuple dans les pays qui sont riches en ressources naturelles mais dont les habitants sont extrèmement pauvres. Ces projets extractifs ne doivent pas ajouter à la pauvreté et à l’impuissance—les ressources naturelles peuvent et doivent aider les communautés à surmonter ces défis, » dit Raymond C. Offenheiser, président d’Oxfam America. « Pour que cela arrive, pourtant, les communautés ont besoin de savoir comment les projets d’extraction et d’energie vont toucher leur vie et leurs terres et comment les revenus de ces projets seront utilisés.»

Oxfam appelle les sociétés internationales pétrolières, gazières et minières à respecter:

    Le droit de savoir des communautés, en leur donnant des renseignements complets et actuels sur l’effet—environnemental, social et économique—qu’auront les travaux desdites sociétés, et combien les industries extractives paient aux gouvernements pour les ressources naturelles ;


    Le droit de décider des communautés, en exigeant aux sociétés d’obtenir le consentement libre, préalable et informé (CLPI) des communautés touchées par des opérations pétrolières, gazières et minières. Surtout pour les peuples indigènes, le CLPI est un moyen critique de protéger les terrains sacrés et l’identité culturelle.


« Fortes de ces informations, les communautés peuvent mieux participer aux bénéfices des projets extractifs. Les revenus iront satisfaire aux besoins réels des communautés, comme l’éducation, les soins médicaux et les emplois, et les communautés peuvent juger si ces projets représentent un avantage ou un fardeau, » dit Offenheiser. « Le plus souvent, les contrats et les revenus restent secrets, ce qui mène à un environnement favorable au détournement de fonds et à la corruption ; cela contribue au fait que les projets extractifs n’aident point à alléger la pauvreté.»

Oxfam soutient des projets de loi qui réformeraient le règlement sur la transparence pour les sociétés travaillant aux pays en voie de développement. En automne 2007 le chef du comité des services financières dans la Chambre des Représentants américaine, M. Barney Frank (Démocrate de Massachusetts), a convoqué un forum sur la transparence dans les paiements faits par des sociétés aux gouvernements accueillant ces travaux. Au forum, M. Frank a ouvert la porte à l’action législative pour prendre un gros pas vers la remédiation du problème. Une politique de mandat aux Ėtats-Unis complémenterait de façon importante les initiatives volontaires actuellement en place dans quelques pays seulement.

« Beaucoup d’industries extractives promettent de la richesse et la création de nouveaux emplois, » dit Mamadou Biteye, directeur régional d’Oxfam America pour l’Afrique de l’Ouest. «Malheureusement, beaucoup de ces projets, tels les mines d’or dans l’Afrique de l’Ouest, n’ont pas donné satisfaction. Ces industries créent peu d’emplois pour les gens du coin, et les communautés n’en voient que rarement les profits. Les communautés ont besoin d’être habilitées, par l’information, à mieux contrôler la gérance des ressources naturelles qu’il leur faut pour assurer leurs moyens d’existence.» Au Mali, en 2005, l’or représentait 50 pourcent des exportations totalisant $297 millions, mais pour la grande plupart des citoyens l’information sur les revenus des mines est inaccessible. En plus, malgré la richesse en or du Mali, ce pays reste l’un des plus pauvres et des moins développés du monde.

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