Oxfam America

Les femmes sont plus vulnérables au SIDA

05 07 2008

Le statut des femmes en Afrique australe augmente leur risque d’infection et les met au centre de la pandémie VIH/SIDA. Oxfam soutient le travail des organisations locales pour réduire la vulnérabilité des femmes, en changeant les pratiques culturelles et en améliorant des programmes et des lois qui avancent et protègent les droits des femmes.


L’Afrique australe, où habite seulement 2 pourcent de la population mondiale, compte 35 pourcent des gens qui vivent avec le VIH et presque un tiers (32 pourcent) de la totale pour l’année 2007 des nouvelles infections VIH et des décès du SIDA. Les femmes sont particulièrement vulnérables : elles sont 60 pourcent de la population vivant avec le VIH/SIDA dans cette région.

L’épidémie VIH/SIDA frappe plus fort les femmes parce qu’elles sont les membres les plus pauvres et les moins puissantes de la société. Elles souffrent des taux élevés de la violence domestique et sexuelle et sont victimes de la discrimination à travers des lois, politiques et traditions qui leur refusent des droits fondamentaux.

Le croisement de la crise VIH/SIDA avec la pauvreté, le chômage, le manque d’éducation, et la responsabilité de s’occuper des membres malades de la famille limite davantage les opportunités pour les femmes et les filles. Le taux élevé de la mortalité du SIDA aura des implications graves pour l’avenir des familles et du travail dans la région.

Oxfam America étend son programme réussi en faveur des droits des femmes, en s’adressant aux inégalités des sexes qui contribuent á la gravité de l’épidémie. Depuis 2005 le bureau régional pour l’Afrique australe d’Oxfam America (SARO) met en oeuvre une politique régionale sur le VIH/SIDA, la loi, et les droits des femmes, avec un programme de partenariat en Zimbabwe, Mozambique, et Afrique du Sud. Le programme envisage « une Afrique australe dans laquelle les femmes et les filles réalisent tout leur potentiel et mènent une vie de dignité, sans violence, sans vulnérabilité au VIH et à l’impacte du SIDA. »

L’inégalité rend les femmes plus vulnérables au SIDA

Une grande partie de l’effort international pour combattre le VIH/SIDA suppose que les femmes et les hommes sont égaux, et que tous ont le même pouvoir de se protéger, prendre des décisions concernant leur activité sexuelle, et obtenir des soins médicaux. Cependant, en Afrique australe les femmes et les filles risquent davantage l’infection avec le VIH précisément parce que la société et les coutumes leur refusent le pouvoir de choisir l’abstinence sexuelle ou d’exiger que leurs partenaires utilisent des préservatifs.

Un élément capital de la prévention du VIH/SIDA—la fidélité—s’est montré complètement inadéquat dans une région où les hommes ont plusieurs partenaires sexuels et leurs épouses restent fidèles.

Ce manque de perspective basée sur le sexe en analysant la crise du VIH/SIDA a eu comme résultat le fait qu’une plus grande partie des infections et des conséquences de la maladie tombe sur les femmes. L’inégalité entre hommes et femmes aggrave la crise.

Voici quelques exemples des secteurs où l’inégalité rend les femmes plus vulnérables à la maladie.

La loi et les droits des femmes

Des notions archaïques concernant le statut des femmes, incorporées dans les lois à l’époque coloniale, sont discriminatoires contre les femmes en Afrique australe. Le refus aux femmes des droits fondamentaux baisse leur statut dans la société, les rend dépendantes des hommes pour la survie économique, et augmente leur risque d’être abusées et infectées du VIH.

    • Dans certains pays les femmes sont juridiquement des mineures. Cela leur empêche d’acheter ou de vendre de la propriété immobilière et de prendre des décisions sérieuses concernant l’emploi ou la finance sans la permission de leurs maris ou d’un homme membre de leur famille.
    • Les femmes qui ne bénéficient pas du droit d’hériter des maisons ou des fermes peuvent être chassées de leurs terres si leurs maris meurent du SIDA. C’est catastrophique pour les veuves et, surtout, les jeunes filles qui peuvent être poussées dans des rapports sexuels avec des hommes simplement pour survivre.
    • Des lois sur le divorce imposent des critères injustes sur les femmes qui cherchent à prouver l’abus ou l’infidélité de la part du mari, laissant ces femmes prisonnières d’un mariage hostile.


Pratiques traditionnels nocifs

Des croyances religieuses, coutumes et traditions culturelles mettent parfois les femmes directement sur la voie du VIH/SIDA.

    • Le paiement d’argent à la famille de la mariée—autrement un don modeste pour promouvoir les liens entre les familles—est vu actuellement par la famille d’une jeune fille comme une opportunité de générer du revenu. Les jeunes filles deviennent ainsi des commodités qui sont censées satisfaire des objectifs en ce qui concerne les soins d’enfants et d’autres corvées. Le manque de respect envers les femmes, et surtout le transfert des biens conjugaux à la famille du mari s’il meurt, dévalue la vie des femmes et les met en danger d’abus et de la pauvreté.
    • Les mariages arrangés des jeunes filles, qui sont aussi parfois données aux créditeurs en paiement de dettes, augmente le risque d’infection VIH à la suite de rapports sexuels avec des hommes plus âgés.
    • Les rapports sexuels avec une vierge, conseillé parfois par des guérisseurs traditionnels comme remède pour le VIH, a comme résultat le viol et l’infection des jeunes filles à des taux plus élevés.


Violence domestique et sexuelle, sexualité commercialisée

Le manque de respect pour les femmes mène à l’abus et aux agressions sexuelles. Des recherches récentes de l’ONU montrent une corrélation forte entre la violence contre les femmes et l’infection au VIH/SIDA.

    • Des recherches dans des cliniques en Afrique du Sud montrent que l’infection VIH est plus probable chez les femmes dont les partenaires sont abusifs.
    • La peur de la violence décourage les femmes de faire des tests pour le VIH et d’obtenir des soins médicaux. Révéler leur maladie à leur partenaire ou leur communauté les laisse exposées à la violence.
    • Les femmes dans des situations abusives ont moins de pouvoir pour négocier leur activité sexuelle ou demander l’utilisation de préservatifs.
    • Des femmes et des jeunes filles qui tombent dans la pauvreté sont obligées d’utiliser leur sexualité pour survivre, se donnant en échange d’argent, de la nourriture, d’un abri, même des frais de scolarité. Des jeunes filles sont poussées dans des rapports multiples avec des hommes plus âgés qui ont de l’argent, ce qui augmente leur risque d’être infectées.


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