Oxfam America

Durant les périodes de famine, Oxfam trouve des solutions locales

05 05 2008

Avec ses partenaires sur le terrain, Oxfam répond aux besoins alimentaires avec des programmes adaptés aux conditions locales


Dans les crises humanitaires auxquelles Oxfam fait face à travers le monde, la nourriture est souvent l’un des besoins les plus urgents. Mais les populations ne peuvent pas attendre des mois pour qu’on la leur envoie de l’étranger. Au fil des années Oxfam a conçu une gamme de solutions qui lui permettent de répondre vite aux besoins humanitaires, en utilisant des stratégies qui peuvent aussi aider à renforcer les marchés locaux.

C’est ces expériences, parmi autres, qui nous a convaincu que notre système d’aide alimentaire internationale a besoin de réforme. Il doit devenir plus rapide, plus souple et moins couteux. Au lieu de décharger les surplus agricoles sur les gouvernements étrangers et agences d’assistance, les pays donneurs d’aide doivent leur fournir de l’argent comptant pour acheter de la nourriture sur place. C’est plus efficace dans la plupart des cas et c’est mieux pour l’agriculture locale. Ci-dessous, un exemple de la réussite de cette forme d’aide pendant une crise humanitaire.

Cueillir le cheptel, aider les marchands

Avant que l’absence de pluie ne dessèche les pâturages au Niger et des essaims de cigales les dénuent, la famille de Koumba Yacouba possédait un troupeau magnifique de 200 vaches. Mais, elles sont toutes mortes en 2005 à la suite de la sécheresse et des fléaux d’insectes. Cette histoire s’est répétée à travers le Niger, où beaucoup de bergers dépendent de leurs bêtes pour la nourriture. Le manque de fourrage était le pire dans l’histoire du Niger.

Les prix élevés des céréales et le cheptel décimé ont créé ensemble une crise d’alimentation pour 3,6 millions de personnes—presque le tiers de la population du Niger.

Pour y répondre, Oxfam et l’un de ses partenaires locaux, l’Association de Revigoration d’Élevage au Niger (AREN), a établi un programme au sud-est du Niger, coûtant $2 millions, pour aider presque 131.000 personnes. Son bût : redonner de la force à l’économie locale en stimulant les marchés de la région. Les troupeaux affaiblis se trouvaient au centre de cet effort.

Pour un prix équitable Oxfam a acheté du bétail trop maigre pour être vendu par les bergers. Les prix du cheptel étaient tombés en flèche, 90 pourcent plus bas qu’avant la crise. Même pour des bêtes saines on n’obtenait qu’une fraction de leur ancienne valeur : des taureaux forts, autrefois vendus à 500 dollars, étaient sacrifiés pour aussi peu que 18 dollars

Oxfam s’est mis à acheter des vaches des éleveurs locaux, pour 53 dollars chacune. Cet argent a permis aux gens d’acheter de la nourriture chez des marchands locaux, pour donner à manger et à leurs familles, et aux animaux qui leur restaient.

En plus, Oxfam a fait abbatre ces vaches dans les villages mêmes, puis a fait inspecter la viande par des vétérinaires pour s’assurer qu’elle était bonne à consommer. En échange d’une portion de cette viande, les femmes des villages l’ont desséchée ou frite, puis la viande était mise à la disposition des familles démunies, contre des bons. Les gens ont gagné ces bons en travaillant sur des projets communautaires d’amélioration, tels que la construction de petits bassins de rétention de l’eau de pluie.

« La réponse d’Oxfam stimule l’économie en essayant d’utiliser les marchés locaux, » dit Mike Delaney, directeur des affaires humanitaires à Oxfam.

« Nous n’arrivons pas à croire que maintenant nous pouvons manger de la viande, » dit Khadydiatou Labarang, dont l’alimentation quotidienne consistait d’un seul repas de mil avant qu’Oxfam n’introduise le programme.

Cattle at a market in Niamey, Niger

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Un marché de bétail au Niger. Les vaches trop maigres pour être vendues seront abattues au village et la viande distribuée aux familles, contre des bons.
photo: Carlo Heathcote/Oxfam
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Woman and children making cakes in Bermo, Niger

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Des villageois au Niger participent à un programme d’'Oxfam qui offre des bons contre le travail sur des projets d’'amélioration, ce qui leur permet d'acheter de la viande.
photo: Jenny Matthews/Oxfam