Oxfam America

AJA-Mali: Nouvelles idees pour une nouvelle ecole

10 12 2005

Une demande locale pour une éducation alternative pour tous.


Par Chris Hufstader

La banlieue sablonneuse de Daoudabougou se situe juste derrière le fleuve Niger du centre de Bamako. C’est un quartier dense avec des routes sales de terres rouges, de petites boutiques et des maisons. Pour certains c’est un endroit ou les ruraux s’installent le temps de chercher des revenus acceptables dans la grande ville. D’autres familles s’y sont installées depuis des générations, travaillant dur pour survivre en faisant du commerce sur la rue ou n’importe quel travail disponible.   

Comme beaucoup d’autres banlieues à forte densité en Afrique, Daoudabougou est ignoré par l’Etat. Il y a peu d’écoles, et elles sont presque sans ressources ; certaines d’entre elles ont des classes de 200 élèves. 

Avec beaucoup d’élèves qui quittent l’école ou échouent,  des familles de Daoudabougou sont venues voir AJA pour demander de l’aide par la création de meilleures opportunités en termes d’éducation.  AJA est intervenue là ou l’Etat avait échoué.

"Les mères de famille sont venues ici nous expliquer le problème," déclare Baba Diarra, le chargé de programmes d’AJA.  "Elles voulaient  un meilleur programme pour aider leurs enfants à lire, et à acquérir une compétence technique. Nous avons travaillé avec eux pendant quatre mois et avons crée cette école après avoir discuté et recueilli leurs opinions. C’est un  bel exemple de collaboration au niveau  local." 

L’intervention d’AJA a été  décisive.  En mobilisant des fonds auprès d’Oxfam America et d’autres bailleurs  en Europe, AJA  a crée le Centre de Formation  pour le Développement de l’Education à Daoudabougou (CFD), une école de six classes qui enseigne  essentiellement à travers la langue Bambara, et ainsi, accueille un plus grand groupe d’enfants que ceux qui fréquentent les écoles qui enseignent des programmes en français seulement.   

La plupart des 40 enfants ont entre 9 et 16 ans et se concentrent sur l’alphabétisation de base et en calcul ainsi que le dessin et autres compétences nécessaires pour  gagner leur vie en tant qu’artisans, ou faire du commerce à petite échelle, ou exercer un métier. En 2004, le CFD a  aussi commencé un programme de formation en informatique pour les élèves.    

Le CFD a un personnel de cinq  enseignants avec un Directeur.   Oxfam a soutenu le développement du projet, la construction, et AJA fournit maintenant l’assistance technique  avec des ordinateurs et le matériel de formation. Cependant l’école  est entièrement gérée par les membres de la communauté.

Du respect pour les Mères de famille qui  Soutiennent l’école


Pour rendre l’école  durable, les frais de scolarité sont modiques. AJA a contribué à lancer un programme pour aider les mères de familles à faire du petit commerce pour pouvoir générer des revenus, pourvoir aux besoins de la famille et payer les frais de scolarité de leurs enfants.  Le programme est basé sur une petite banque  à partir de laquelle l’épargne de ses clients est prêtée aux membres du programme pour les aider à investir dans le petit commerce, y compris la confection d’habits pour enfants, la préparation et la vente de produits alimentaires telles que de la sauce de tomate, du couscous, de semoule  et du piment, une sauce très épicée qui se mange avec presque tous les repas maliens.  

Diarra, qui est le chargé du programme d’AJA a dit qu’Oxfam soutenait quelques formations de base pour  les participants au  Programme de prêts et qu’il est bien  géré par les membres du groupe.  "Il y a une grande discipline dans le remboursement  des prêts  parce que c’est leur argent; cet argent n’est pas venu de l’extérieur de la communauté," dit il. 

Mis à part leur soutien dans la création d’une nouvelle école et le démarrage de leur propre petit commerce, les femmes de Daoudabougou ont engrangé aussi d’autres  gains : elles sont devenues plus respectables avec plus de responsabilités.    Moiamouna Koné, une vielle femme dirigeante du groupe de prêt, dit que les femmes sont reconnues pour avoir été à l’origine de l’école. "Les gens apprécient vraiment les améliorations que nous faisons ici," dit elle lors d’une réunion du groupe de prêt qui a eu lieu un chaud après-midi à l’école.  "Elles nous félicitent, et savent que c’est nous qui avons  crée cette école.  Maintenant elles viennent à nous pour prendre des décisions importantes concernant la communauté.  Ils nous voient comme des personnes qui font faire des choses."

AJA CED class

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Sur cette photo des élèves du Centre d’Education pour le Développement (CED), construit par AJA-Mali avec la participation des parents.
photo: Chris Hufstader
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