Oxfam America

Quinze années de conflit ont coûté 300 milliards de dollars à l’Afrique

15 10 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE


Le coût des conflits sur le développement du continent africain a été de l’ordre de 300 milliards de dollars entre 1990 et 2005, selon une nouvelle étude publiée par Oxfam International, le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) et Saferworld. Cette somme correspond à l’argent reçu dans le cadre de l’aide internationale sur la même période.

Dans cette étude intitulée “ Les milliards manquant à l’Afrique”, les analystes ont évalué pour la première fois l’impact global des conflits sur le PIB à travers le continent. Elle est publiée au moment ou les diplomates du monde entier arrivent aux Nations Unies pour discuter d’un Traité sur le commerce des armes.

Elle montre qu’en moyenne une guerre, une guerre civile ou une rébellion entraîne une chute de 15% de l’activité économique. Le continent perd une moyenne de 18 milliards de dollars par année en raison des conflits armés.

“La violence armée est l’une des plus grandes menaces pour le développement de l’Afrique”, a déclaré Irungu Houghton, conseiller en politique africaine d’Oxfam. “Les coûts sont choquants. Nos chiffres sont sûrement en deça de la réalité, mais ils montrent que les conflits armés coûtent en moyenne 18 milliards de dollars à l’Afrique chaque année. Cet argent pourrait permettre de résoudre la crise du VIH et du SIDA; de prévenir la tuberculose et le paludisme ou de faire face aux besoins en matière d’eau potable, d’hygiène et l’éducation."

Joseph Dube, le coordonnateur Afrique du RAIAL a déclaré: “ Ce rapport décrit certains des impacts économiques dévastateurs du commerce international des armes et le niveau choquant de souffrance humaine que cela cause. En tant qu’Africain, j’implore tous les gouvernements africains et ceux des pays producteurs d’armes de soutenir un Traité sur les armes solide et efficace. C’est un appel pour la coopération internationale. Cela ne peut être réalisé en travaillant seul. Le gouvernement dont les usines produit les fusils est aussi responsable que celui qui permet à ses bateaux de les transporter. De la même manière, les Etats qui chargent les cargos doivent assurer le suivi pour voir entre quelles mains les armes vont tomber. Sans cette réglementation, le coût de la souffrance endurée par les Africains va continuer d’être énorme.”

Entre 1990 et 2005, 23 pays africains ont été impliqués dans des conflits. Oxfam, le RAIAL et Saferworld ont estimé le niveau de PIB de ces pays sans ces conflits. Par exemple, durant la guerre en Guinée Bissau en 1998-1999, la croissance était projetée à 5,24% sans le conflit, alors que le taux de croissance réel a été de moins 10.15%.

Cette méthodologie donne presque sûrement une sous-estimation. Elle n’inclut pas l’impact économique sur les pays voisins, qui peuvent souffrir de l’insécurité politique ou d’un afflux de réfugiés. Cette étude ne couvre que les périodes de combat, alors que certains coûts de la guerre comme la hausse des dépenses militaires et le recul de l’économie continuent bien après la fin des combats.


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